Les MANSUY de Dieulouard

Château de Dieulouard en 1914Généalogie de la famille des Mansuy de Dieulouard commencée en l’an neuf de la République française et dressée par Laurent Mansuy, Avocat Maire du dit bourg, membre du Collège électoral de la Meurthe et premier juge suppléant en la justice de paix du canton de Donièvres.

Les titres antérieurs au 15ème siècle ne sont pas retrouvés, il est probable qu’ils auront été perdus ou déchirés ou même brûlés pendant les guerres et les troubles presque continuels qui ont affligé ce pays dans ce temps là.

Le château de Dieulouard ou la famille Mansuy jouissait de la première tour à gauche en entrant à titre de refuges, pour s’y retirer à l’approche de l’ennemi et y déposer leurs effets les plus précieux, suivant l’exposé qui en a été fait au rédacteur de la présente généalogie dénommé ci dessus, par ses prédécesseurs immédiats, a été assiégé plusieurs fois au 13ème et 14ème siècle, par le comte de Bavière, renversé et réduit en cendre ; Leurs titres et papiers n’auront sans doute pas réchappé, soit aux flammes, soit à l’ensevelissement dans les ruines.

La ville de Serganne qui s’étendait sur le territoire de ce château avant l’existence de celui ci, fut aussi saccagée vers le 10ème siècle par les hongrois et sa destruction totale achevée dans l’incendie opéré sur la fin du 13ème siècle ou au commencement du 14ème siècle aussi par le Comte de Bavière.

C’est à cette époque, probablement que quelques individus de la famille des MANSUY échappés à ces (illisible) et incendie se seront emparés, en qualité de premier occupant, de la partie au levant du fort central de Serganne qui était sans doute déserte ou abandonnée après ces désastres et qui a été ensuite appelée le Jardin des MANSUY, dénomination qu’il conserve encore aujourd’hui ;

Ils possédaient aussi près de là et au même titre sans doute une vigne sur la culée du vieux pont (ouvrage des Romains) qu’il ont vendue. Si ce ne sont pas là des preuves de l’existence de cette famille, ce sont au moins de puissants indices de son ancienneté et de la considération dont elle jouissait alors.

Ces indices sont encore fortifiés par l’inscription latine ci dessous qui a fait penser à quelques savants que les MANSUY étaient originairement une famille romaine, qui lors de l’invasion des romains dans ce pays ci, les aura suivi et s’y sera établie ce qui fait remonter leur extraction à plus de mille ans après l’expulsion des armées romaines du territoire gaulois et au total à plus de 1 400 ans !

Cette suscription a été tirée par le Prieur de Serganne (Bonneties (?°) de D.CALMET, histoire de Lorraine et fait le N° 8 de son tableau des inscriptions romaines pour prouver d’après le témoignage du savant Schoepflin (?) que dans certaines inscriptions latines, les deux II tiennent la place d’un E comme dans celle rapportées ci dessous. Celle ci vient du Comté de Dosbourg (Dabo) préf. de Saverne

Le N°8 du tableau des inscriptions romaines recueillies par le Prieur de Serganne, est maintenant entre les mains de M. Lamoureux de Nancy, l’un des membres de la commission nommée pour la recherche de l’antiquité de ce département et l’établissement de son Musée.

D.M.
M.AIMILIANUS
SIXTAE SIIDATI
UXORIS MATRIS
MANSVIITI.

Bien sûr, M., c’est Marcus, mais D.M, mystère.
Pour le reste, Sixtus / Sextus / Sextia peuvent être un prénom (plutôt que « 6ème »).
Si SIIDATI = SEDATI, cela signifie calme, reposé. Mais si c’était SEDATUI, cela signifierait repos et ça nous arrangerait… MANSUETUS, c’est « calme ».
AIMILIANUS est au nominatif, donc sujet. Il n’y a pas de verbe, mais c’est une dédicace, suivant la structure « Untel (a fait ériger cette stèle) à Untel ». Donc, M Aemilianus a fait dresser la stèle pour… celui ou celle dont le nom est au datif.

D.M. signifierait alors : Diis Manibus c’est à dire aux Dieux Mânes de. Cette abréviation peut grossièrement se traduire par « à la mémoire de » M.AIMILIANUS = Marcus Aimilianus
Sixtae est un prénom
UXORIS MATRIS = épouse et mère

Je verrais bien un truc du genre:

« Marc Emile (a fait ériger cette stèle) pour le repos tranquille de Sextia, mère de son épouse. »

Du genre de la dédicace gravée sur la chapelle érigée par Voltaire « Deo erexit

Je trouve ce texte ci-dessus (écrit en 1821, par Laurent MANSUY) très intéressant surtout pour lesChateau Dieulouard recherches qu’il peut induire dans les lieux évoqués.

« … Il y avait anciennement près de Dieuleward une Abbaye de Bénédictins, nommée Gellamont, a laquelle succéda une Collégiale qui fut fondée vers l’an 1020, par Dudon, Prévôt de Montfaucon, sous Heimon, Evêque de Verdun. … Le Chapitre de St Laurent de Dieuleward subsista jusqu’à sa suppression et son union a la Primatiale de Nancy en 1602. Les Bénédictins anglois y sont entrez en 1606, par la concession du Cardinal de Lorraine, Primat de Nancy; ils la possèdent aujourd’hui.

Ils avoient ci-devant une fort bonne Bibliothèque, que nous y avons encore vu; Elle y avoit apparemment été donnée par Monsieur Giftort, Archevêque de Rheims, qui était Professeur de ce Monastère; elle fut malheureusement brûlée par accident, il y a environ 50 ans. Ces Pères ont ordinairement dans leur Monastère des jeunes Anglois, qu’ils élèvent dans la religion et dans les Lettres, et ils envoyent de tems en tems, des Missionnaires en Angleterre. On peut voir leur Histoire, et la suite de leurs Prieurs, au VII. Tome, du Gallia Christiana, page. 1068 & suivantes…. »
« Dieuleward » – Notice de la Lorraine – par Dom Augustin CALMET.

Il est certain que pendant la guerre de trente ans il y a des lacunes dans les registres de Dieulouard. Dans l’ouvrage « Scarponne Dieulouard depuis les origines jusqu’aux temps modernes » par Jean LALANCE, j’ai noté :

page 98 : « Des le printemps de 1631, la peste y fit son apparition, et malgré toutes les précautions prises, elle y exerça ses ravages jusqu’en 1637. On ne possède pas de renseignements complets sur le nombre des personnes qui moururent de la peste. Les registres des décès, de 1630 a 1637, font défaut. Mais on peut supposer que ce nombre fut considérable, par ce détail, que, dans l’espace de cinq a six ans, trois curés de Dieulouard, quatre curés de scarpone, sept Bénédictins, furent enlevés par la contagion. La mortalité était telle que l’on dut, pour préserver les vivants, éloigner les malades.

On établit donc, au pied de la cote de Cuite, des logettes en planches, « des baraques », ou l’on transportait quiconque était atteint de l’épidémie. Ce ne fut pourtant pas sans quelque résistance de la part de la population, qui s’imaginait qu’on enterrait les pestiférés tout vivants. Un jour même, elle se porta en foule vers ces baraques et peu s’en fallut qu’elle n’y mit le feu. A la peste vinrent s’ajouter les pillages, les massacres, les réquisitions des gens de guerre. Placé sur la grande route entre Metz, Toul et Nancy, le bourg de Dieulouard fut occupé constamment par des troupes françaises, allemandes, lorraines ou suédoises, qui réquisitionnaient ou plutôt rançonnaient sans merci, …

Le 8 janvier 1636, deux Bénédictins, Anselme Williams et Leandre Neville, avaient été envoyés dans un village des environs, du cote de St Mihiel, pour assister une dame de qualité qui se mourait. Arrêtés par les soldats de Saxe-Weimar, ils furent pendus à un arbre de la route, en haine de la religion. (Archives dep. et municipale de Dieulouard) … En 1640 il ne restait plus que trente-sept sujets rentables dans toute la prévôté qui comprenait alors neuf villages (Belleville, Dieulouard, Landremont, Loisy, Sivry, Bezaumont, ste Genevieve, Scarpone, Villers le Prud’homme, (ce dernier village a été détruit pendant la guerre de Trente-Ans par les Suédois).

Que de misère nos ancêtres ont souffert … »

Pour en revenir à Laurent MANSUY. D’après la légende de la famille, sa première femme bien en cour, lui aurait permis de rencontrer le roi. Comme il n’avait pas d’enfant, il adopta une jeune fille méritante. Sa femme mourut et lui-même fut déclaré suspect donc emprisonné lors de la fuite du roi à Varenne. La jeune fille le soigna en prison et il l’épousa à sa sortie. J’ai une miniature qui le représente. Il est très XVIIIème avec une perruque blanche, un peu snob, très posé, (un homme qui a une femme nommée Modestine et l’autre Prudentienne semble prédisposé à une vie calme …(ce qui ne fut pas le cas).

Chateau de DieulouardJe descends de Philippe Auguste (riche distillateur et cultivateur installé à Landremont et propriétaire de 60 chevaux (1801-1871) qui épouse sa cousine Rose Catherine MANSUY (1804-1884), fille de François MANSUY (1744-1819) et de Rose MIRAUDIER (1740-1824). François MANSUY est le fils de Charles MANSUY, (frère de Jean MANSUY) et petit-fils de Marguerite DAVRAINVILLE et de Dominique MANSUY.

Philippe Auguste est enterré à Dieulouard. Il a eu trois filles : (Célestine, Amélie et Zélie) et un fils Henry, qui charge à Reichoffen et se suicide par amour en 1878. Amélie reste célibataire. Célestine épouse un estimateur de forêts : Mr ROUSSEY et Zélie, épouse Charles GERARD, un architecte qui construit les gares sur la ligne Nancy-Metz. Il la rencontre en construisant la gare de Dieulouard.

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