Naissance d’une Région

Naissance d’une région : La LOTHARINGIE

La Lorraine en 1605Province de l’ancienne France et après avoir connu la prospérité au sein de la province romaine, la région fut envahie par les Francs Ripuaires au Vè siècle. Cœur du royaume austrasien, la Lorraine n’acquit sa spécificité qu’en 855. Incluse dans le domaine de Lothaire Ier, au traité de Verdun (843), elle fut en effet attribuée à son fils Lothaire II à cette date. Elle porta dès lors le nom allemand de Lothringen (Lotharingie en français). Sous les Carolingiens, elle englobait la Lorraine actuelle, mais aussi une partie de la Belgique, des Pays-Bas et la Frise. Au début du Xè siècle, le titre ducal fut reconnu à Gislebert, mais la province, passée sous la domination de l’empereur Otto en 939, fut divisée en deux duchés:

La Basse-Lorraine revint à la maison d’Ardennes jusqu’au départ aux croisades de son chef Godefroi de Bouillon (1096), puis se scinda en plusieurs principautés, dont la principale fut le duché de Brabant.

La Haute-Lorraine, qui comprenait les Ardennes, les vallées de la Meuse et de la Moselle, d’abord gouvernée par le frère d’Otto, revint à Albert de Metz, puis à son neveu Gérard d’Alsace, premier duc héréditaire en 1048. Au XIIè siècle, ce duché resta seul à porter le nom de Lorraine.

Malgré la prospérité de la province, lieu de foires réputées, les ducs furent affaiblis par l’autorité des évêques de Metz, Toul et Verdun (les trois évêchés) et la volonté d’autonomie des comtes de Luxembourg et de Bar. Convoitée par la Bourgogne (échec de Charles le Téméraire devant Nancy en 1477), par la France et par les Habsbourg, la Lorraine obtint son indépendance de Charles Quint en 1542 (traité de Nuremberg).

La Contre-Réforme s’y épanouit sous l’égide de la famille lorraine des Guise. Au XVIIè siècle, la province, ralliée aux Habsbourg, fut plusieurs fois occupée par Louis XIV, mais celui-ci dut la restituer en 1697 au duc Léopold 1er. Son fils, devenu empereur d’Autriche par son mariage avec Marie Thérèse, la céda à l’ex-roi de Pologne Stanislas Leszczynski en échange de la Toscane (1736). La Lorraine et sa capitale, Nancy, s’épanouirent alors politiquement et culturellement avant de revenir à la France en 1766, à la mort de Stanislas.

Devenue province française, siège d’un parlement dès 1776, la région demeura rurale jusqu’au développement d’un bassin houiller et de l’industrie sidérurgique autour de Longwy et Thionville, au cours du XIXè siècle. En 1815, le traité de Vienne donna la Sarre à la Prusse, puis entre 1871 et 1918, l’Allemagne annexa une grande partie des départements de la Moselle et de la Meurthe, ainsi que les départements alsaciens du Bas-Rhin et du Haut-Rhin (sauf Belfort). Refusant la domination allemande, une grande partie de la population quitta alors ces régions qui devinrent les symboles du nationalisme français: Maurice Barrès rendit ainsi célèbre l’expression « la ligne bleue des Vosges », véritable cicatrice dans la conscience nationale française.

Théâtre de combats meurtriers au cours de la Première Guerre mondiale, la Lorraine redevint française dans sa totalité en 1918. Après avoir de nouveau été annexée par les allemands entre 1940 et 1944, elle connut après la guerre une période d’expansion dans le cadre de l’intégration européenne avant de subir au cours des années 70/80, une grave crise industrielle qui aboutit à la fermeture des mines et à la restructuration de sa sidérurgie, au prix de la perte de dizaine de milliers d’emplois.

Cartes anciennes de Lorraine : duché de Bar, 3 évêchés … 

Et pour ceux qui aurait un peu de mal avec le patois lorrain, voici quelques expressions (avec leurs traductions) :

Patois Lorrain

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